Le NPD et le Bloc québécois dénoncent la détention des migrants

Source : 
Radio-Canada

Brigitte Bureau Radio Canada 1 fevrier 2023

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) réclame la fin de la détention des migrants, sauf pour les cas qui représentent un danger pour le public.

Imaginez un peu que vous fuyiez la guerre, vous fuyiez des persécutions. Vous venez ici pour trouver refuge et qu'est-ce qui vous arrive? On vous met en prison, dénonce le député néo-démocrate, Alexandre Boulerice.

Vous n'avez rien fait et vous ne savez même pas quand vous allez sortir. C'est profondément inhumain, puis je pense qu'on devrait avoir un petit peu honte comme société d'avoir de telles pratiques.

Le député Boulerice réagissait au reportage de Radio-Canada, intitulé Emprisonnement sans limite, qui a révélé que des milliers de ressortissants étrangers sont détenus au Canada, chaque année, pour une période indéterminée.

Les détenus issus de l'immigration ne sont pas accusés d'un crime, mais peuvent passer des mois, voire des années, derrière les barreaux. Dans la plupart des cas, l'Agence des services frontaliers du Canada les détient parce qu'elle craint qu'ils ne se présentent pas, ensuite, à une procédure d'immigration, comme un renvoi.

C'est cruel et inhumain et au NPD, on demande la fin de cette pratique-là, dit M. Boulerice.

De son côté, le Bloc québécois entend déposer une motion devant le Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration pour mieux comprendre le système de détention à des fins d'immigration et identifier des façons de l'éviter.

On veut vraiment faire la lumière là-dessus et faire en sorte que ça ne se reproduise plus, dit le député bloquiste Alexis Brunelle-Duceppe, vice-président du Comité de l'immigration.

C'est horrible. C'est vraiment une honte, je pense, pour un pays du G7 qui se dit accueillant envers les plus démunis à travers la planète et les personnes qui sont opprimées dans leur propre pays, ajoute M. Brunelle-Duceppe, qui s'est dit choqué par les révélations de Radio-Canada.

Pour sa part, le bureau du ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, responsable de l'Agence des services frontaliers du Canada, a déjà indiqué à Radio-Canada que la détention des migrants est une mesure de dernier recours et que son gouvernement cherche toujours à en réduire l'utilisation.