Jour de l’émancipation : l’histoire à l’honneur en Ontario

Source : 
Radio-Canada

Radio-Canada

2022-08-01 | Mis à jour aujourd’hui à 1 h 11

Lundi marque le 188e anniversaire de l'abolition de l'esclavage dans l'Empire britannique et le 2e Jour de l'émancipation au Canada. Cette journée a été célébrée un peu partout en Ontario, entre autres à London, Toronto et Windsor.

À Windsor, l'événement était organisé à Jackson Park. Du côté de Toronto, c'était à Fort York. Et à London, Fanshawe Pioneer Village était l'hôte d'une célébration.

À Toronto, des excuses officielles demandées

À Fort York, un site historique à Toronto, l’événement était organisé, entre autres, par la Société de l'histoire des Noirs de l'Ontario.

Durant l’événement, des experts et des acteurs communautaires ont affirmé qu'il reste bien du travail à faire pour éduquer la population sur l’histoire de l’esclavage au pays, mais que l’organisation communautaire fait son chemin.

Elle ajoute que les Canadiens doivent accepter l’histoire. L’histoire du pays [c’est] plus de 200 ans d’esclavagisme des Noirs et des Autochtones, ici dans les colonies [britanniques] qui sont devenues le Canada. Nous continuons de voir des gens qui veulent rejeter, exciser cette portion de l’histoire.

Depuis deux ans maintenant, son organisme fait pression sur le gouvernement Ford pour modifier le programme scolaire afin de mieux éduquer les prochaines générations à ce sujet.

Melissa Antoine, de Scarborough, a participé à la journée avec le fils de son cousin. Elle affirme que c’était important pour elle de s’y présenter. J’en avais la chair de poule. J’ai aussi appris un peu, en fait.

Roger Mooking, chef et personnalité télé, y était lui aussi. Le fait qu’il s’agisse d’une journée nationale est significatif, dit-il. Mais de son côté, il affirme ne pas s’attendre à des excuses du gouvernement fédéral. Nous sommes ici. Nous travaillons, faisons ce qui doit être fait pour aider notre communauté. Le gouvernement peut nous suivre s’il le veut.

La journée de célébration à Fort York, lundi, comprenait des discours et des kiosques d’information, mais aussi des performances artistiques.

À Windsor, cinq jours de célébration

L'événement de lundi à Windsor était décrit comme une réunion familiale décontractée et a eu lieu à Jackson Park.

Ce parc a été l'hôte de célébrations du Jour de l'émancipation qui ont attiré des dizaines de milliers de personnes du Canada et des États-Unis au milieu du 20e siècle.

Je me souviens simplement de l'effervescence qui régnait dans la ville, des énormes défilés, de tous ces gens, des barbecues, des événements organisés au kiosque à musique de Jackson Park, a déclaré Leslie McCurdy, présidente du Black Council de Windsor-Essex. Je me souviens qu'enfant, c'était incroyablement excitant. Mme McCurdy a déclaré que la célébration qui a eu lieu lundi visait à rendre hommage à ces événements du passé.

De nombreux citoyens libres se sont installés dans la région, et la Première église baptiste de Sandwich était alors le premier arrêt pour beaucoup de ceux qui étaient arrivés au Canada par le chemin de fer clandestin, indique la Ville sur son site Web.

Fauzia Agbonhin, une artiste nigériane de création orale, a été invitée à réciter sa poésie lors de l'événement. Sa poésie aborde les influences positives du Jour de l'émancipation, mais aussi les luttes que les Noirs continuent de livrer.

Fauzia Agbonhin affirme que le racisme au Canada est plus subtil qu'aux États-Unis.

Il y a toutes ces séquelles de l'esclavage après l'émancipation, et c'est comme si nous étions dans cette cage de verre de souffrance et de tourment, a-t-elle déclaré. Il est si difficile pour les gens de réaliser que cette période a eu des effets durables sur nous.

Parmi ces effets, elle cite le racisme, les microagressions, le taux d'incarcération élevé des Noirs et la brutalité policière.

Mme Agbonhin dit avoir été victime de racisme à l'école pendant son enfance au Canada.

Les gens essayaient de me toucher les cheveux, me traitaient comme si j'étais dans un zoo. Je sais qu'un camarade de classe m'a un jour comparée à un esclave.

Mme Agbonhin a déclaré qu'aux États-Unis, le racisme est flagrant, alors qu'au Canada, il est plus subtil et implique des microagressions.